Kukum

Je suis une passionnée de faits historiques. De cultures différentes également. Et j’adore apprendre des langues nouvelles, gorgées de sens. C’est donc avec fébrilité que j’ai lu cette semaine le roman exceptionnel de Michel Jean, publié aux Éditions Libre Expression et qui se nomme Kukum.

Ce récit se veut en fait être l’histoire de vie émouvante de l’arrière-grand-mère de Monsieur Jean, Almanda Siméon. Le populaire chef d’antenne et journaliste d’enquête expose ainsi, en toute humilité, l’histoire de ses ancêtres appartenant au Peuple Innu.

De l’étincelle d’amour qui a fusionné son grand-père Innu à sa grand-mère blanche, en passant par l’adaptation de celle-ci à la vie débordante d’aventures que représentait celle d’être nomades au Québec, l’auteur nous illustre avec une précision remarquable ce qu’était être un Innu de la région de Mashteuiatsh, dans un passé qui n’est pas si éloigné quand on y pense.

On y découvrira ainsi la grande soif de liberté de ses aïeux, tout autant que leur respect éternel pour la terre, la nature et tous les êtres qui cohabitaient leur région. Monsieur Jean y dévoilera entre autres une conception tout à fait spirituelle de la chasse et de la pêche, tout autant que l’importance d’une famille unie et l’entraide envers les gens qui les entouraient.

L’écrivain mettra ensuite des mots sur les maux… Je parle ici des blessures ineffaçables que ce Peuple s’est vu infliger par les Blancs. On parle notamment des abominables coupes forestières ayant eu lieu sans leur consentement sur leurs propres territoires, et qui ont engendré le départ subit du gibier qui leur permettait de se nourrir. Il expliquera également comment la pollution de leurs rivières qui, en plus de les empêcher de se rendre à destination avec leurs embarcations, ont vidé leurs eaux de tout poisson. Et comment oublier la création des réserves, et toutes les atrocités qui en ont découlées autant pour les adultes que pour les enfants… C’est ainsi que le lecteur comprendra que tous ces gestes, motivés au nom d’une vision tunnel dite de modernité, n’ont fait qu’agrandir le fossé interculturel entre les autochtones et les non autochtones.

Grâce à la voix courageuse d’Almanda, Monsieur Jean nous fera ressentir toute la peine, la hargne, l’incompréhension et le désespoir que les Innus ont connu à cause de ce déracinement scandaleux et inhumain. Mais par-dessous tout, Almanda nous fera voir la force de caractère d’un Peuple doux, généreux, résilient, respectueux et reconnaissant de ce que la vie leur offre, dont les attaches resteront à jamais bien solides à l’intérieur de la Terre-Mère.

À l’instant où j’écris ces lignes, je suis encore toute bouleversée par ce récit sans pareil. L’authenticité du contenu, tout autant que la pureté des émotions qui y sont décrites que la sérénité qui s’en dégage m’ont complètement émue. Un chef d’oeuvre littéraire comme il s’en fait peu!

Cette histoire, vous devez absolument la lire. Vous devez également la faire lire à votre entourage. Parce que le passé a de ces leçons incomparables pour engendrer un présent et un avenir meilleurs…

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